Équipement et activités domestiques dans les collections du musée du Moyen Verdon

L’espace domestique se situe à l’intérieur de la maison « l’oustaou » et de ses dépendances proches. Les membres de la communauté familiale participent à des activités domestiques. Ils utilisent pour ce faire un équipement comprenant des objets et des meubles. De nombreux objets ont peu changé depuis l’antiquité : même fonction, mêmes matériaux, même aspect. Ainsi se trouvent attestées une continuité des formes, une pérennité des fonctions qui ont survécu jusqu’au XIXe siècle. Le luminaire est dominé à la maison par « lou calen », lampe à huile, remplacé peu à peu par la lampeà pétrole à la fn du XIXe siècle. A l’extérieur, on se sert du « fanau » et de la « veiolo », différentes lanternes.  Jusqu’à la ème guerre mondiale, on s’éclaire encore à « la tié », torche de pin gras, brûlée dans la cheminée.

Le foyer est le symbole de la cellule familiale. La crémaillère, lou cumascle, est caractéristique du Sud de la France. Le feu d’âtre disparait dès la fin du XIXe siècle, remplacé par le poële à trois trous dit trèfle.

L’eau est un élément vital dans la maison. Il faut aller la chercher, la transporter, la conserver avec un matériau adéquat. Nos collections ont privilégié pichets, cruches, « bourracho », bouteilles en terre cuite émaillée.

La vaisselle commune est généralement aussi en terre cuite émaillée, la « terraio », et provient surtout de Vallauris. La Faïence fine elle vient d’Apt et de Moustiers. On conserve la graisse dans des « toupino » de facture locale faites à Castellane, la Garde ou la Palud. Peu d’objets sont liés au lait, mais les faisselles et porte-faisselles sont également en terre émaillée à l’intérieur. L’huile et certains aliments salés sont conservés dans des jarres émaillées à l’intérieur provenant de Biot au XVIII et XIXe siècle.

Nos collections en mobilier sont très modestes et attestent de la rareté des meubles dans le moyen Verdon. Citons cependant des placards muraux fermés par des portes en bois à un ou deux vantaux, des tables, des chaises empaillées de seigle ou de typha « la nagno », des pétrins (la maestro), des coffres, des berceaux (lou brès), des coffres à grains (lei graniés). Les meubles de fabrication locale étaient en pin pour les plus simples, en noyer pour les plus riches.

Peu de décors  en général les ornaient, hormis des moulures de type Louis XV, ou des pointes de diamant pour les plus beaux.

Pot à graisse

N° d’inventaire : 2012.0.115

Domaine musée : vie domestique

Dénomination : pot à graisse

Appellation vernaculaire :la toupino

Matières et techniques : terre (glaçure plombifère)

Dimensions : H. 14.7 ; D. 12.1

Description : Toupine contenant encore du saindoux.
Il s'agit d'un pot en terre vernissée sur un peu plus de la moitié. De forme bombée sur le milieu puis s'affinant sur le bas. Le pot est recourbé au niveau du col et le diamètre s'élargit. Au niveau du col, le pot est cassé et il y a désormais des manques.

Inscription : Présence d'un tampon sur la base du pot mais la marque est illisible.

Description de l’acquisition : Objet provenant de la Baume donné au musée en 1992.

Paire de raquette à neige

N° d’inventaire : 2012.0.123

Domaine musée : vie domestique, jeux – sports – loisirs

Dénomination : paire de raquettes à neige

Appellation vernaculaire : lei chastro

Matières et techniques : bois ; fer

Dimensions : l. 26, L. 40, E.3

Description : La raquette à neige est un instrument qui permet de marcher sur des couches épaisses de neige molle. La raquette, fixée sous la chaussure, augmente la surface de contact avec la neige et permet de ne pas s'enfoncer dans la poudreuse. Elle permet même de trouver un appui nécessaire à l'impulsion du corps en avant.
L'usage de la raquette est donc spécifique aux régions fréquemment enneigées. Elle permet de se déplacer en hiver en montagne et dans les sous-bois.
Cette paire de raquette est constituée d'un cadre de bois au centre où s'entrecroisent des fils de fer. Le moyen de fixation de la chaussure est absent. Peut-être qu'il s'agissait tout simplement d'un cordage ou d'un lacet attaché au cadre et enveloppant la chaussure.

Description de l’acquisition : Objet provenant de la Foux de Peyroules, acquis en 1993.

Écrase soupe

N° d’inventaire : 2012.0.556

Domaine musée : vie domestique

Dénomination : écrase soupe

Appellation vernaculaire : l’espòutissèire de la soupo

Matières et techniques : canne de Provence

Dimensions : H. 53.3, l. 12, Pds. 88

Description : Instrument artisanal servant à écraser et mélanger les ingrédients dans la préparation et cuisson de la soupe. Un manche en canne de Provence est traversé à l'une de ses extrémités par deux petites tiges en canne de Provence.

Utilisation : Le manche est roulé entre les mains, les tiges de canne tournent dans la soupe et écrasent les ingrédients bien cuits.

Description de l’acquisition : Objet provenant du Plan de la Palud de Castellane, acquis en 2012.